Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 12:40
Lorsque que j'ai fait remarqué à Peter Brook que la dernière année passée ensemble au Théâtre des Bouffes du Nord nous n'avions pas eux de conversation autre que quelques mot nécessaire à notre travail, il m'a répondu que "nous nous connaissions si bien qu'il n'y avait pas une virgule entre nous".
Je pense que c' était en partie vraie mais triste. Nous avions probablement fermé le cercle.
Pour cette raison entre autre j'ai décidé de quitter le théâtre des Bouffes du Nord et de développer ce que j'avais appris avec Claude perset architecte et Peter Brook entre autre.
Aujourd'hui je travail dans toutes sortes de direction. tout en continuant mon travail de scénographedécorateur de théâtre, je me suis tout d'abord improvisé enseignant grace à Jochen Hahn qui a organisé un atelier à Moscou avec des étudiants en scénographie et en architecture.
J'ai découvert que je pouvais parler de théâtre sans discontinuer pendant 6 jours consecutifs. Difficile mais il est toujours interressant de s'ouvrir a de nouveaux horizons en soit même. J'ai depuis organisé plus de 60 ateliers un peu partout dans le monde.
De la même maniere (en improvisant) je suis devenue consultant, meteur en scène, décorateur, costumier et conférencier. 


Par Jean-Guy Lecat - Publié dans : Biographie - Jean-Guy Lecat
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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 12:38
The idea for the set of Mahagonny Opera by B. Brecht creat in July 2007 by Mario Gas was to open a new space in Madrid and to show the beauty and the possibility of this new space. Mahagonny-coupe-005-Affichage-courrier-grand-format.jpg  The Matadero was an abandonnat space.

This plan is the croos section of a part of the space.
There is three space and my idea was to give a specifique destination to each one. 
The first one the smallest should be the "foyer" lobby for the public with a little stage to have little show or music.
The second one (in between the two others) is the wider  space in between the colomn in all the site, it should be the theatre space.
The third one could be the back stage : dressing room,  administration, workshop, school etc...
For Mahagonny I creat connections between the spaces : from the first one to the theatre and from the theatre to the back stage. These connections permet to not have doors between spaces and an acoustic isolation from outside. The three spaces became one.
In first connection toilettes will be provided to not reduce the first space and also because it will be easyer to creat connections to evacuations.
In the second one I extende the stage over the wall and close the space with a 20 meters long print of a vue of modern city. This vue was print on back of coton fabric, we can have in that was just a white canvas we can light with colors or if we light it from the back we can see the 20 m long images through the doors of the space.                                                                                                                                                                         
  Mahagonny-plan-001-Affichage-courrier-grand-format.jpg



















Brecht, en el desolladero

EL PAÍS, sábado 30 de junio de 2007 JAVIER VALLEJO

Este teatro nuevo, creado en la nave de despiece ovina del antiguo matadero de Legazpi, es fantástico, comparable a los de La Cartoucherie de Vincennes, en París: dará mucho juego. Público y espacio escénico se pueden colocar al gusto: en círculo, a la italiana, en pasillo… Para su espectáculo inaugural, Mario Gas y Jean-Guy Lecat, escenógrafo de Peter Brook, han creado un escenario panorámico que ocupa todo el lateral oeste de la nave y que integra inteligentemente el muro y los vanos. Lecat es un especialista en ambientar lugares insólitos: transformóla cantera Callet, de Aviñón, en monumental caja de resonancia del Mahabharata; el Mercado de las Flores Barcelonés y un deposito de gas de Copenhague en el ruedo de Carmen  Aquí ha dispuesto un espacio longitudinal enorme, por el que circulan una masa de cincuenta y tantos intérpretes, y hasta un coche de época. Es una versión teatral del cinerama: hacen falta varios golpes de vista para abarcarlo todo.

La primera parte de Mahagonny no acabó de arrancar en la noche del estreno. Cierta solemnidad se imponía a lo espectacular del montaje. Todo estaba en su sitio, o cerca, pero sin punta de energía…, hasta la primera escena de masas,muy bien movida. Es ésta una pieza vocalmente más exigente que la mayoría de las de Brecht: combina canciones de cabaré y arias operísticas, momentos estáticoscon otros de acción pura. Resulta dificilísimo pillarle el pulso de cabo a rabo. Mario Gas se lo coge en el segundo acto, especialmente en los momentos corales. La navegación de vuelta a Alaska sobre una mesa de billar volcada, el combate de boxeo desigual entre Joe Lobo y Moisés Trinidad, la vista oral donde el juez es parte, pero sobre todo ese final donde se exalta irónicamente el dinero como valor supremo, el libre mercado por encima de las demás libertades, tienen fluidez, empaque y teatralidad verdadera. Antoni Comas canta bien, aunque le esté cayendo un chorro de agua en la cabeza, como demostró en El compositor, la cantante, el cocinero y la pecadora. Además, es un actor con garra. Su Jim Mahonney transmite energía todo el tiempo, y un desvalimiento crístico cuando se ve acosado y abandonado por quienes creía sus amigos, y por su chica. Mónica López es una Jenny Hill sexy, pero a su interpretación del célebre Alabama Song le falta deje canalla. Todo no se puede pedir. Por cierto, esta canción la escribió Elisabeth Hauptmann: su nombre debería figurar en el programa. Teresa Vallicrosa dibuja una viuda Begbick impía, estupenda en lo vocal y en lo dramático. También Constantino Romero y Xavier Fernández se mueven como peces entre dos aguas. La orquesta, dirigida por Manuel Gas, suena muy bien, y el coro es rotundo. Brecht renegó de Mahagonny a los tres años de su estreno, y llamó a Weill “Richard Strauss disfrazado”. Sus reparos eran puramente estéticos: decía que el envoltorio operístico de la obra lamina su intencionalidad dramática. En esa opinión hay mucho de rivalidad artística y de desencuentros ideológicos con su colaborador. El mensaje de Mahagonny sigue teniendo fuerza, y está servido de manera dialéctica. La puesta en escena de Mario Gas está a su servicio: es extremadamente escrupulosa con las indicaciones del autor, dura tres horas y aparenta menos. Un indicador excelente.

TEATRO / ‘Ascenso y caída de la ciudad de Mahagonny’

Ascenso y caída de la ciudad

de Mahagonny

De Bertolt Brecht y Kurt Weill. Traducción:

Feliu Formosa. Luz: Javier

Aguirresarobe y José Miguel López

Sáez. Vestuario: Antonio Belart. Escenografía:

Jean-Guy Lecat. Dirección

musical: Manuel Gas. Dirección escénica:

Mario Gas. Madrid. Matadero

Naves del Español. 28 de junio.

 

Par Jean-Guy Lecat - Publié dans : Theatre set design - Project and realisation
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /2007 16:18

Nouveau Théâtre Municipal d’Almada

 

Depuis cette date je suis retourné chaque année au festival, dirigé 3 ateliers pour de jeunes architectes et metteur en scène, et fait la scénographie de deux spectacle. Par hasard j’ai été raccroché à une équipe d’architecte pour l’élaboration du nouveau théâtre.    Jean-Guy Lecat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

C’est en 1999 que j’ai vu dans le bureau de Joaquim Benite accroché au mur les plans de son futur théâtre. Le projet selon moi présentait d’énormes erreurs qui compromettaient à coup sùr le bon fonctionnement du lieu. Joaquim me demanda alors si je voulais bien en discuter avec les architectes.
Quelques jours plus tard Manuel Graça Dias et Egas José Vieira, les deux auteurs associés du projet m’invitaient à discuter avec eux. Nous avons ensemble revisité les espaces un à un, exploré les problèmes liés à l’acoustique, notamment à l’isolation des salles les unes par rapport aux autres à la visibilité, au confort du public, des artistes et des techniciens, etc… autant de questions prioritaires pour moi qui avaient été négligé par cette équipe pourtant très concernée par le théâtre – Manuel G. Dias travaillant parfois même comme décorateur de théâtre.  Selon moi ce qui les avaient conduits était d’un ordre trop exclusivement esthétique.
A ce point du travail il m’a semblé important d’interroger Joaquim Benite sur ce qu’il voulait faire dans ce théâtre. Et j’ai compris alors où se situait le malentendu, les mots qui entre deux hommes de théâtre ont le même sens, ne sont pas toujours perçu et décryptés de la même manière à l’extérieure. Joaquim Benite par exemple avait fait la demande d’une salle expérimentale. Vue par les architectes elle était devenue une petite salle figée, avec des sièges et une scène. De plus elle était accolée à la grande salle, séparée d’elle par un simple mur !
Il fallait donc pour l’équipe d’architecte changer la destination de presque tous les espaces et leur adhésion à cette idée est venue de ce qu’il était possible de le faire sans trop modifier l’architecture extérieure. J’allais donc faire équipe avec eux. Deux donné étaient liées et déterminantes dans l’élaboration du projet, la topographie du terrain avec une très forte déclivité sur laquelle il avait appuyés la salle, ainsi qu’un budget réduit.
Au centre du site en forme de triangle nous avons dessiné de la partie la plus basse à la partie la plus haute un grand rectangle. Nous avons gardé la scène au niveau bas du terrain, c’est aussi la partie la plus large du site, proche d’une avenue d’accès facile  pour les livraisons et les décors. Le niveau de la scène et l’entrée des artistes étant déterminés par la hauteur du plancher des camions. L’entrée du public se ferait  au niveau haut du terrain, la partie la plus étroite du site, proche du centre ville et d’un parking.
A partir de ces paramètres les autres espaces se sont réorganisés logiquement suivant quatre  axes :
- Le premier axe central comprenait en partie haute du site : au rez-de-chaussée l’entrée du public, le foyer, le bar, la salle principale, au premier étage le restaurant/café concert ainsi qu’une salle d’exposition et au deuxième étage l’administration.
- Le deuxième axe latéral réunissait toujours en partie haute du site et sur un même  niveau le foyer du public les toilettes la librairie, la garderie d’enfant et la salle expérimentale,
- Le troisième axe, à l’opposé du bâtiment dans la partie basse du site, était constitué sur un seul niveau de l’entrée des artistes, des loges, de la scène principale et de la salle de répétition.
- Le quatrième axe était réservé pour les points de livraison, les ateliers et les espaces de rangement.
Joaquim Benite souhaitait pouvoir inviter dans son théâtre des spectacles traditionnels, des opéras et des compagnies qui nécessitent des espaces particuliers. Nous avons choisi d’avoir une salle et une scène fixes avec une bonne visibilité et une bonne acoustique pouvant recevoir dans de bonnes conditions, sans avoir à transformer l’espace, plus ou moins 90% des spectacles (Théâtre, danse, musique et opéras). Par ailleurs la scène même de la grande salle pourrait être transformée en salle de spectacle – le public ayant la possibilité d’y accéder directement - conçue dans une esthétique identique à celle de la salle, on retrouve là une idée récurante de Peter Brook, à laquelle j’adhère complètement, de réunir les deux espaces.
Dans le projet initial, comme je l’ai dit, un simple mur séparait la salle de spectacle de la salle expérimentale. Nous les avons séparés complètement, dans deux bâtiments distincts reliés par les loges et un jardin qui forment une barrière acoustique. Je pense en effet que la meilleure barrière acoustique et la moins chère est la construction, quand c’est possible, de deux bâtiments séparés ; la salle expérimentale se situe désormais au dessus de la salle de répétition au niveau de l’entrée du public, et la salle de répétition communique avec la grande scène. Ceci pour ne pas être confronté au problème rencontré par Peter Brook lorsqu’il a joué son spectacle Le Phénomène à la Schaubuhne de Berlin. L’horaire de son spectacle avait été déterminé en fonction des nuisances provenant des deux autres salles!
L’autre grand changement a été d’agrandir un peu la scène et de modifier la forme de la salle où certains spectateurs ne voyaient qu’une partie de la scène. Pour donner une plus grande  impression d’intimité, la salle carrée s’élargit en son centre et les allées latérales ont été repoussées derrière les murs de la salle. Ces murs sont de grands panneaux de bois rouge sur toute leur hauteur espacés d’un mètre. La pente de la salle étant, nous l’avons vu, déterminée par la déclivité du terrain, nous avons adouci la pente générale en remontant le premier rang de spectateurs au niveau de la scène et créé deux pentes. Lorsque M. G. Dias et E. J. Vieira ont voulu montré à J. Benite la nouvelle structure du théâtre, ils ont bricolé une petite maquette en styrofoam bleu sans prendre la précaution de la peindre dans les couleurs définitives. Joaquim ayant trouvé l’idée de la couleur bleu superbe, elle à été gardée !
§                            Superficie totale construite 8000m²,
                               Dans la salle trois galeries derrières les panneaux de bois de la salle et trois passerelles dans la salle permettent l’accrochage des lumières ou l’apparition d’acteurs. En fond de salle deux niveaux de régies sur toute la largeur de la salle pour la lumière, le son, les projections de cinéma/vidéo, les poursuites et un espace pour la traduction simultané ou pour un metteur en scène. Entre les passerelles des moteurs permettent de suspendre des rideaux ou des panneaux pour réduire la capacité de la salle (de 220 à 450 spectateurs) ou de la fermer complètement.                               Le plafond acoustique à été réalisé en isorel sa souplesse permettant touts les galbes souhaités, il est fixe.
                               La cage scène à deux peaux : les murs proprement dit en béton couvert d’une matière absorbantes et à environs 1m50 un autre mur composé des mêmes panneaux de bois rouge de H.13, 00m x L.1, 00m disposer tout autour de la scène.  Entre chaque panneau un vide d’un mètre sur toute la hauteur ? un tube vertical au milieu du vide permet de suspendre des projecteurs. A l’origine des panneaux mobiles identiques devaient permettre de fermer complètement la scène, le budget ne l’a pas permis. L’idée de ces panneaux est d’une part de créer une circulation fixe tout autour de la scène, d’autre part de pouvoir changer l’acoustique de la scène soit en ajoutant dans les vides des matériaux dure pour avoir une acoustique plus dure, soit à l’inverse en suspendant des matériaux absorbant, comme par exemple des rideaux,  pour avoir une acoustique plus mate. Les techniciens de théâtre ont beaucoup de qualité mais rare sont ceux qui ont une formation d’acousticien, il me paraissait important de leur donner des moyens simples pour répondre le mieux possible aux différents type de spectacles qu’ils seront amené à servir. J’espère que dans le futur les panneaux acoustiques prévue au dessus de la scène pourront eux aussi être budgétés. 
                               En fond de scène un élévateur dessert trois niveaux. La scène, le premier dessous praticable et un niveau de stockage de décors. Le dernier niveau est aussi celui de l’atelier de construction les décors arrivent directement sur scène ou dans la salle de répétition par cet élévateur. 
                               Le plateau de la fosse d’orchestre sert de prolongation de la scène jusqu’aux pieds des spectateurs mais également de prolongation du parterre.
                               Le parquet de scène est constitué de trappes posé sur des potelets l’ensemble pouvant totalement se démonter procurant avec l’élévateur une fosse d’environ 15 ,00m x 15 ,00m. On peut très bien imaginer un spectacle ou le public serait comme dans une arène le dernier rang étant au niveau de la scène, mais cela permettra surtout des apparitions ou creux dans les décors avec des entrées d’acteurs ou de chanteurs depuis les entrailles du théâtre.
                                Cage de scène : largeur scène 25m, profondeur 25m, Hauteur 24 m + 2,30 de faux gril.  Cadre de scène 15 ,00m x 10, 60m (rectangle d’or) réglable par un manteau mobile. 4 niveaux de passerelle, Equipes contre balancés, 1 pont mobile au cadre, équipes motorisées pour les lumières. J’ai fait ajouté un ascenseur desservant tous les étages des sous sol jusqu’au gril.
                                Connections son et vidéo partout dans la salle et sur scène.
     
                  Salle expérimentale 100 spectateurs, elle est tapissé de tubes de 0,49 de diamètre, derrière les tubes, tout autour de la salle, une circulation pour les acteurs. Dimensions de la salle entre les tubes 12,50m x 14,50 m. 
            
     Salle de répétition même possibilités et même dimension que la salle expérimentale. Un des quatre murs est entièrement vitré pour avoir la lumière du jour s’ouvre sur un patio avec plantes et bassin, pour se détendre,
               
Un café/restaurant/concert de 150m² avec accès du public séparé de l’entrée du théâtre  permetant de pouvoir fonctionner en dehors des heures d’ouverture du théâtre. Couloir donnant accès directement aux loges pour les artistes. Possibilité d’accroche sur toute la surface du plafond. 
                    Et aussi : une cafétéria 70m² + 95m² de terrasse, une salle de vidéo 30m², une galerie d’exposition 50m², une garderie d’enfant, une librairie, un appartement pour les artistes invités. 

 

 J’ai rencontré Joaquim Benite, le directeur du théâtre et du festival d’Almada, en 1998 lorsqu’il a invité Le Phénomène spectacle de Peter Brook. Almada est la ville qui fait face à Lisbonne et qui est le siège du Christ Roi copie de celui qui domine la baie de Rio de Janeiro.

Par Jean-Guy Lecat - Publié dans : Architecture - projets - realisations
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /2007 13:36

 

Selina Cartmell est une jeune metteur en scène anglaise qui vit à Dublin. Elle fait partie de ces créateurs qui ne souhaitent pas jouer dans un théâtre et recherchent le plus souvent des espaces qu’ils imaginent souvent plus propices à servir leur projet tout en insufflant un esprit contemporain à des textes du passé. Malgré un budget réduit elle a réussi à convaincre 10 acteurs (+ 20 élèves) parmi les meilleurs en Irlande de participer à « Titus Andronicus ». La gestation a duré 3 ans et le spectacle final a été extrêmement bien reçu par le public et la critique qui lui a décerné 4 prix dont celui du meilleur spectacle de l’année 2005.

 


 

Développement de Titus Andronicus dans un lieu particulier à Dublin

 

Sirène production est une compagnie de théâtre qui se consacre à la recherche, au processus de création et à l’expérimentation, en cherchant à explorer dans une  intense collaboration une approche interdisciplinaire du spectacle qui intègre la danse, les arts visuels, l'architecture, la musique et le théâtre. En 2003 j’ai entrepris de monter une production de Titus Andronicus dans un lieu-spécifique de manière de donner aux spectateurs une expérience viscérale et architecturale de l’une première pièce de Shakespeare.
Les objectifs du projet étaient :
- De créer une production qui plonge le public dans un environnement qui les impliquerait dans l'action et libérerait l'histoire au sein d’un contexte contemporain. 
- De réinventer la pièce de Shakespeare en transformant un vaste entrepôt abandonné en un monde relié à notre quotidien.
- De collaborez avec un ensemble d'interprètes, d'artistes et de musiciens pour créer un spectacle de théâtre totale, afin de stimuler l’assistance lors d’une expérience qui sorte du théâtre conventionnel.
- De donner a des artistes issue de disciplines varié, la liberté d’imaginer de différente manières un lieu, un texte et nous-mêmes. D’inciter ces artistes à fouiller le lieu et leur demander de l’envisager sous des angles différents. La mise en scène de Titus Andronicus en fin de compte parlait de la libération et de l’affranchissement des catégories artistiques.
Pendant deux ans j'ai recherché dans tout Dublin un espace qui convienne à cette pièce épique : Usine John Player, Father Matthew Hall, Prison de Killmainham, Stack A, Direction des docks de Dublin, Distilleries Guinness & Diagio, SS Michael & John, Cinéma Carlton, La rue O’Connell, La maison Cavinteely, Casernes & camps militaires, le château de Dublin.
Initialement je souhaitais créer Titus Andronicus dans un entrepôt désaffecté de  Cash’n’Carry (vente direct aux consommateurs) rue Thomas à Dublin 8. Un espace où j’étais à ce moment là en train de chercher et de développer un projet de spectacle acoustique Passades et produit par Operating Theatre en 2003. 
A cause de l’architecture industrielle du supermarché avec ses espaces et ses pièces divisé par des rideaux métalliques, j’ai eu le sentiment que l’organisation de l’édifice conviendrait bien au spectacle déambulatoire de Titus Andronicus avec comme guide pour le public le bâtiment lui-même, ses espaces extérieurs et ses cavernes intérieures. L’idée aussi, était que l’entrée des marchandises, sur le parking devant, servirait d’entrée au public.
L’échelle et la force du bâtiment, représentant Rome, pourraient ajouter à l’impact de la mort de Titus. La nature de l’environnement, donnant l’idée d’une tombe, pourrait soutenir la rusticité du texte de Shakespeare.
Cet entrepôt a sa propre esthétique, un urbanisme brutal qui fait directement référence aux conflits et aux terribles atrocités des périodes récentes. Dans le Titus Andronicus de Shakespeare les brusques sautes d’humeur, les traits d’humour noir, le choix et le mélange des goûts et des styles, le sexe et la violence, sont les caractéristiques universelles de l’art de notre temps. Le conflit au sein de Titus Andronicus entre le sacré et le profane, entre l’ordinaire et l’extraordinaire produit une tension qui pose des questions sérieuses à un public contemporain.
J’ai rencontré Jean-Guy Lecat  pour la première fois pendant que je développais le spectacle Passade ; après lui avoir envoyé des images de ce Cash’n’Carry, il est venu visiter l’emplacement et nous avons discuté du défi de monter Titus Andronicus comme un projet dans un lieu-spécifique. Ensemble nous avons exploré les possibilités de ce lieu de situer les actions dans l’espace principal du bâtiment en tenant compte des entrées, des sorties et rendre pratiques ces espaces pour les acteurs et l’équipe technique etc…
La halle principale, dans le bâtiment, a été choisi pour la perspective et la focalisation qu’elle pourrait donner au spectacle. Acoustiquement cet espace avec ses murs en béton, de même que la visibilité possible et la configuration des sièges aurait été un vrai défi, pour tirer le meilleur profit de la dynamique entre le public et les acteurs.
Au cours des discussions avec les propriétaires de l’entrepôt pendant les neuf mois suivant, il est apparu que cet espace serait détruit en raison de sa situation dans une zone très côté et de la masse et de la taille du bâtiment. 
Avec l’argent pour la recherche et le développement du Arts Council of Ireland j’ai travaillé avec un coordinateur spécialisé pour chercher d’autres emplacements à Dublin qui je l’espérais pourrait nous inspirer à réimaginer le spectacle dans un endroit différent en collant au plus prêt à notre vision initiale pour ce projet. En un mois nous avons vu dix emplacements de différentes tailles et praticabilités. Pendant notre quête de cet espace idéal je suis tombé sur le marché victorien d’Iveagh qui était laissé à l’abandon et fouillé par des archéologues. Conçu par Fredrick Hicks en 1902, la façade de brique et de pierre cache une grande halle métallique abritant le marché. En fonctionnement jusque dans les années quatre vingt dix, sont futur était incertain.  
Nous sommes entrés en contact avec le promoteur immobilier et nous avons découvert qu'il attendait le permis pour transformer le site en un marché d’antiquité, et pour construire dans le site voisin un hôtel de luxe.
Pendant nos recherches et l’exploration d'Iveagh Market, un monument remarquable dans la partie ancienne de la ville, il est apparu clairement que ce marché avec ses parties humides et sèches qui divisaient ce bâtiment en deux espaces séparés et coupés par le mur de la ville antique, devenait l’emplacement idéal auquel je me référait constamment comme notre « mini-colisé » à Dublin.
Il avait un espace de dimension épique, des proportions classiques, un caractère et une atmosphère uniques où je pouvais imaginer créer Titus Andronicus. La dégradation du marché et la présence de la nature (plantes et terre) qui envahissait l’espace ajoutait à son aptitude à se relier aux quatre éléments que sont le feu, l’eau, la terre et l’air qui sous-tendent les textes de Shakespeare.
Tout d’abord j’ai envoyé des photos de ce nouvel espace à Jean-Guy Lecat. Une fois encore Jean-Guy est venu sur place pour voir l’espace, passant quatre jours à discuter les possibilités de transformation de ce marché pour Titus Andronicus. Nous avons demandé au Festival de Dublin ainsi qu’au promoteur immobilier qui avait acquis le Marché Iveagh de devenir co-producteur et enfin demandé à un directeur de production  d’évaluer le coût de transformation de l’espace en respectant les règles d’hygiène et de sécurité.
Avec un coût approximatif de 300 000 € pour aménager l’espace nous sommes arrivé aux limites extrêmes du budget offert par le Art Council et les co-producteurs potentiels. En janvier 2005 nous avons été obligé d’abandonner complètement le projet et de réimaginer Titus Andronicus pour la troisième fois dans un espace théâtral plus conventionnel.
L'option et la disponibilité de la salle du Project Theatre, au  premier  étage une boîte noire transformable de 220 places dans le quartier de Temple Bar devint une possibilité.
En discutant à nouveau avec Jean-Guy nous avons examiné les possibilités d’utiliser l’espace, une des question qui revenaient sans cesse était le rapport entre le public et les interprètes. Comment retrouver un rapport dynamique entre l’aire de jeu et l’assistance dans cet environnement plus conventionnel ?
Nous avons décidés, que couper l’espace en diagonale de cette boîte noire avec un décor à chaque extrémité serait la manière la plus forte de cadrer l’action ; cela permettait aux éléments de jeu de bien fonctionner dans un espace simplement structuré. Après deux années de recherche nous pouvions nous référer à beaucoup d’idées développées dans les autres lieux. Par exemple les palettes qui étaient dans ce cash’n’Carry sont devenues l’idée centrale pour la conception du décor de Titus Andronicus. Nous les avons utilisées dans différentes configurations elles sont devenues alternativement des murs, des routes, un billot ; nous avons gardé la couleur bleue comme motif central de la pièce.
Tout au long de cette recherche, discuter à nouveau, réimaginer chaque fois Titus Andronicus dans ces nouveaux espaces en tenant compte de notre budget, était difficile. Cependant les discussions en profondeur avec Jean-Guy m’ont permis de comprendre plus profondément le texte et l’univers que je souhaitais créer pour Titus Andronicus. Au bout du compte j’ai vue que la production final, comportait beaucoup des éléments que Jean-Guy et moi-même avions envisagés pendant ces deux années, et de nous retrouver dans un espace théâtral conventionnel, après une recherche si intense pour notre lieu, avait libéré beaucoup d’idées qui étaient en maturation depuis nos premières rencontres.
Revoir le processus du développement vous fait prendre conscience des limites, des difficultés, du budget, mais aussi de l’énergie dont vous avez besoin pour faire aboutir le projet  d’une pièce épique dans un site-spécifique.

 

 

 

 

 

 

 


 Publish in AS magazine in October 2006

Titus Andronicus  

Selina Cartmell traduit de l’anglais  

Par Jean-Guy Lecat - Publié dans : Magasines - Magazines / Textes
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /2007 13:16

 

 

 

 

 

                  ATELIER ESPACE                     

 

 

Depuis quelques années j’ai animé des ateliers sur « l’espace » dans une quarantaine de ville à travers le monde. L’espace est avant tout un support et un prétexte pour réunir de jeunes professionnels : architectes, metteurs en scène et décorateurs/scénographes, autour d’un projet.

Des professionnels d’autres disciplines, éclairagistes, acteurs, administrateurs, etc…se sont parfois joins à notre travail.

Cette idée de rencontre s’est développée au fil des années passé auprès de Peter Brook. Nous avons joué partout dans le monde  et j’ai visité à peu près 2000 espaces dont une grande quantité de théâtres anciens et modernes. Nous avons constaté que la plupart des lieux industriels ainsi que les théâtres du passé dégageaient une cohérence, une force et une vie que nous ne retrouvions pas dans les théâtres modernes.

J’ai cherché à comprendre pourquoi et comment y remédier*. Je pense que l’architecture s’affirme avec force lorsque qu’elle répond à un projet clair. Une usine, un hangar, une église, une ferme, ont des volumes et des formes qui correspondent à leur destination et à leur fonction. Dans le passé les théâtres étaient construits de même. Ce n’est plus le cas aujourd’hui car les partenaires impliqués sont multiples chacun avec des motivations différentes et contradictoires.

Pour une municipalité, qui ne construit plus d’églises le théâtre doit être l’image ‘carte postale’ de la ville (Opéra de Sydney, Musée Guggenheim de Bilbao). Pour un architecte un théâtre est la plus part du temps un exercice où en toute liberté il va pouvoir s’exprimer. Enfin pour les utilisateurs il doit être un outil en devenir et donc difficilement définissable. 

Je pense pourtant qu’on peut construire des théâtres qui satisfassent chacun dans son ego à condition de s’écouter et de se comprendre. Exercice on ne peut plus difficile, mais tel est le but recherché par ces ateliers sur l’espace.

Lors du dernier atelier en date organisé par le Festival de Buenos Aires nous avons eu plus de 100 demandes et choisi 50 personnes, ce qui pour un atelier de ce type est énorme.

Le théâtre est un travail de groupe et il nécessite du public, ce qui le distingue des autres formes d’art par cet aspect fonctionnel. En cela sans un minimum d’humilité le travail peut devenir conflictuel. Qui a raison ? Quelles idées retenir ? En fonction de quels critères ? …………*Nous venons de publier un livre ‘The Open Circle’ qui retrace cette expérience.

« Tout ce qui est jeu tourne autour d’un mystère : ce qui est juste et ce qui ne l’est pas »
Pour mettre en application cette phrase de Peter Brook j’ai pensé que la seule façon de faire était justement de faire et ensuite seulement de reconnaître. Pour recevoir cet atelier le festival de Buenos Aires a trouvé un espace abandonné : les sous-sols d’un ancien quotidien. Ces sous-sols vastes et très structurés tout en poutre et colonnes recevaient à l’époque les rotatives du journal. Ils ont été aujourd’hui convertis  pour accueillir des expositions.
Après une matinée consacrée à se rencontrer, les cinquante participants ont été divisés arbitrairement en trois groupes, de façon à avoir dans chacun, des architectes des décorateurs et des metteurs en scène en proportion égale.
Chaque groupe avait ensuite cinq jours pour écrire et présenter un spectacle d’environ 30 minutes. Les travaux devant être présentés l’après midi du sixième jour.
Chaque groupe avait à sa disposition des articles de journaux pour choisir une histoire, un rouleau de papier et en commun avec les autres groupes une caméra vidéo, un projecteur vidéo, un projecteur diapo, une petite sono, et quatre projecteurs. La limitation du temps et du matériel obligeant chaque groupe à penser vite et utile.
LES PREMIERS PAS : ou les premières difficultés : se mettre d’accord sur un sujet d’actualité. Le but de cet exercice est tout simplement de mettre le doigt sur une des difficultés majeures au théâtre : pour qu’un groupe avance dans son projet tous les membres doivent avancer dans la même direction.
Ici le groupe est sans leader, sans projet et sans méthode, c’est donc une joyeuse pagaille. Personne ne se connaît et chacun et là avec sa pudeur, ses inquiétudes et sa peur et ces quelques heures anarchiques révèlent les personnalités, tout en les préservant de l’émergence d’une personnalité plus forte, qui prendrait inévitablement le pouvoir quitte à dénaturer le projet. Dans le même temps ce débat très actif défini insensiblement la personnalité de chaque groupe, ce qui crée pour chacun une sorte de différenciation vis à vis des autres groupes. Point de départ pour que chaque participant aille le plus loin possible en lui et dans chacune de ses relations pendant ces six jours.
Au début du deuxième jour pour faire avancer le travail une méthode est définie : toute idée, toute image ou tout décor ne sera retenu qu’en fonction de la place qu’il occupera ensuite dans le projet global. Il s’agit là encore à ce stade d’éliminer toutes idées égocentriques ou gratuites ainsi que toute prise de pouvoir.
Travailler ensemble et écouter, aider les autres à franchir certains seuils et à  ne pas s’immobiliser pour échapper aux choses. C’est un des aspects de ce travail que de mettre en lumière les vertus et la richesse du travail partagé, de la parole dans sa pleine énergie et sa signification, ainsi que l’enrichissement mutuel qui donne au théâtre un sens plus grand et plus intense. L’idée est aussi de montrer qu’une histoire ne se raconte pas seulement avec des mots mais aussi avec l’espace, l’acoustique et la lumière, de façon à impliquer dans le projet les architectes.

 

 

 

DEUXIEME PAS : Constituer dans chaque groupe des équipes qui vont travailler séparément :
-                    Une équipe pour écrire le spectacle
-                    Une équipe pour organiser la présentation (mise en scène)
-                    Une équipé pour choisir et transformer l’espace
-                    Une équipe pour enrichir le propos avec des images, du son ou de la lumière.
Toutes les équipes se retrouvent deux fois par jour pour échanger leurs idées et faire avancer mutuellement les idées des autres équipes et en essayant de simplifier au maximum en concentrant chaque idée.

 

 

 Une des particularités du travail de Peter Brook, que j’ai partagé pendant 25ans est que l’histoire doit être en permanence portée par la totalité de ce que nous avons choisie de montrer au public. Rien ne doit être là pour rien, et finalement même les murs ont un rôle à jouer. Son travail faisant appel à l’imaginaire du public, qui est tué chaque fois que l’on montre trop.

 

 

 Comment rendre visible à notre époque l’invisible sans l’aide de la technique ?

Chaque groupe doit explorer le sous-sol et choisir la partie supposée être la plus appropriée pour raconter leur histoire. Il doit aussi découvrir ce que l’espace peut apporter et déjouer les pièges tendus par l’architecture. L’équipe chargée de l’espace a, à sa disposition un rouleau d’environ 100 mètres de papier blanc ou de papier kraft lui permettant de limiter, décorer ou transformer l’espace choisi, ainsi que du matériel vidéo, de son et de lumière.

La vidéo est là comme une tentation, dans une société gorgée d’image la tentation est grande de s’en servir. Or la vidéo sur scène à des limites et cet atelier permet aussi d’explorer ce nouvel espace. 

 

 

 

      JEAN-GUY LECAT     Paris, septembre 2003

Par Jean-Guy Lecat - Publié dans : Ateliers - Workshops
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